Ma vie de romancière – 26 : Point d’équilibre

Après quatre années à se démener, il est temps de faire le bilan de cet épisode « moi, romancière ».

Depuis quelques mois, ce qui me portait s’est délité au point de ressentir un profond malaise et un début de déprime. Evitons d’en arriver au point de non-retour et de tomber dans le gouffre du « moi, plus nulle que nulle » dont il est si difficile de sortir (et dont on ne sort jamais tout à fait, ceux qui le vivent le savent bien).

Depuis des semaines, j’hésitais à publier cet article ou plus exactement ce constat d’échec (un de plus me direz-vous, c’est mon lot quasi permanent).

Ecrire m’a portée pendant des mois, m’a sortie d’une crise existentielle assez destructrice. Un envoi a une maison d’édition et une nouvelle aventure commençait, une aventure inattendue grâce à laquelle (ou à cause de laquelle ?) j’ai découvert un autre monde.

Ce monde n’a rien d’un éden et ressemble beaucoup plus à l’enfer, surtout lorsque vous végétez.
Là, les questions se posent.

Avec 12 publications (e-book ou broché), un auteur espère avoir une certaine visibilité. Il n’en est rien pour moi, ce qui mène à faire un tour d’horizon de cette affaire.

  • Ce que tu écris n’intéresse pas les lecteurs ou se révèle nul
  • Ta « personnalité virtuelle » agace les lecteurs
  • Tes histoires ne collent pas à ce que recherchent les lecteurs
  • Tu ne sais pas créer une interaction avec les lecteurs et les autres
  • Tu n’as rien compris aux mécanismes des réseaux sociaux
  • Ce monde n’est pas pour moi.

EN DEUX MOTS : AUCUN AVENIR

A force de rabâcher, de supposer, de tenter de comprendre, il arrive un moment où il faut ouvrir les yeux et regarder en face une évidence :

« Tout ceci n’est pas pour toi et il serait temps de t’en rendre compte. »

En naviguant ici ou là, en observant, en lisant, en regardant ce qui se passe, ce qui plait, ce qui marche, je finis par comprendre que ce n’est pas pour moi, à moins de vouloir y laisser ma santé.

J’avoue ne plus savoir quelle direction prendre : m’accrocher encore un peu alors que cela devient un calvaire, ou abandonner et revenir au tout début, où l’écriture me nourrissait et m’apportait la sérénité nécessaire à un équilibre émotionnel minimal.

Pendant quelques mois, j’ai cru qu’une embellie pointait le bout de son nez, mais le soufflé s’est dégonflé dix fois plus sûrement qu’un ballon de baudruche éclaté, au point qu’à l’heure actuelle, une sortie devient source d’inquiétude.

Ce yoyo des espérances mine le moral et finit par provoquer des épisodes d’abattement.

La force de surmonter tout cela s’épuise inexorablement.

Les milliers d’heures passés à s’échiner pour rendre un « produit » convenable, commercialisable et attractif (je doute d’avoir créé quoi que ce soit de ce genre), méritent-elles les sacrifices qu’elles impliquent ?
Désormais, je pense que non.

Les auteurs connaissent ce passage de doute, d’angoisse, de pessimisme, beaucoup renoncent, je suis de ceux là. J’en suis arrivée à ce point d’équilibre : continuer ou arrêter.

La renonciation avant qu’il ne soit trop tard est une forme de préservation. Je ne renonce pas à écrire ou à publier, mais à croire que cela peut fonctionner. Cela implique un repli stratégique, une « disparition » virtuelle plus ou moins effective (lâcher les RS n’est pas aisé lorsqu’on est addict, mais il paraît que l’espoir fait vivre).

Merci à tous ceux et surtout celles qui me suivent avec une fidélité qui me touche beaucoup plus que vous ne l’imaginerez jamais.

Merci à ceux et celles qui ont eu la gentillesse de laisser des commentaires sur mes livres (bons ou mauvais) qui, pendant un court instant, donnent l’impression d’exister.

6 commentaires sur “Ma vie de romancière – 26 : Point d’équilibre

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  1. Ce monde dont tu souhaites percer la coquille est un mystère pour bon nombre d’auteurs. Je fais partie de ceux qui ne savent pas encore pour quoi ils écrivent, autre que pour vider ses tripes de ce qui y végète… donc je comprends, et à la fois, je me dis, n’est-ce pas le lot de tout travailleur, de ne pas savoir de quoi son lendemain sera fait ? Que tu sois chef d’entreprise, vendeur en boulangerie ou assistant maternelle, tu ne sais pas comment se déroulera ton plan de carrière, ni même si carrière il existera, car certes, tu auras des prévisions, des attentes, des ambitions, mais de là à pouvoir garantir que ça correspondra réellement à ce que tu souhaites… le statut d’auteur rejoint tous les autres métiers, selon moi, à la différence près que l’on ne sait pas comment « être » auteur, car il n’existe pas vraiment de recette miracle. Ta décision de poursuivre dans l’écriture et éventuellement dans la publication de tes écrits est une bonne idée : le « sans attendre trop de la suite » me semble de mise, pour les plumes (encore ?) inconnues que nous sommes.

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  2. Je comprend ton ressenti, tes doutes … Je ne sais quoi te dire de plus pour te rassurer, te reconforter que je ne t’ai déjà dis.
    Perso tu sais que j’adore tes livres et reste une fan inconditionnelle, je continuerais de te suivre.
    Maintenant, c’est a toi de voir ce qui est le mieux pour toi.
    Quelque soit ta décision je la respecterai et te soutiendrais 😘

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  3. Oui, je comprends autant tes doutes que tes angoisses. Et je ne sais pas quoi te dire, car je ne sais pas si je serais apte à te rassurer. Pour ma part, après m’être consacrée des années aux autres, je vais me consacrer un peu à moi-même. Je verrai ce que ça donne. En revanche, je n’arrive plus à m’abonner par mail sur ton blog avec mon nouveau. J’ai vu ce post sur le lecteur WP.

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    1. Je viens de vérifier, je suis bien abonnée par mail, je ne comprends pas pourquoi je ne reçois pas tes articles.

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  4. Je veux rajouter que tu es un tres bon auteur ,, tu écris avec ton ❤…ne change rien stp… tes histoires prennent aux tripes.. on passe par tous un tas d émotions , et ça c est génial ,,, on vit tes histoires, moi c est ce que je ressent 👍👍👍❤❤

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  5. A te lire ma Romane J ai envire de pleurer..😥😥 je n y connais rien a ce monde que tu décris, tout ce que je sais c est que je me régale de tes romans , je les adore ,mais bien sur tu ne dois pas y laisser ton moral, ta santé, ton énergie, ton bien être .. écrire, inventer des histoires doit être un plaisir avant je pense ….
    Peut être dois tu faire un break, prendre un peu de recul pour nous revenir reposee, apaisée, l esprit plus clair et surtout l envie d écrire…..tu dois penser a toi en 1er…..je t embrasse ma Romane Rose 🌹😘❤ ….
    Quand tu veux ,reviens !!!!

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